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Le défi de 2015

Vous avez été trois, dans vos vœux pour la nouvelle année, à me souhaiter des défis à ma hauteur. Sans vous concerter, ce qui m’a bien fait rire.

Eh bien, croyez-le ou non, vous avez été entendu !

Pour ceux qui l’ignoraient, depuis juillet dernier je suis famille d’accueil pour l’organisme Adoption Chat Sans Abri (ACSA), qui définit à mes yeux le refuge idéal : sauvetage de chats maltraités/abandonnés/errants en plus de l’accueil de chats dont les maîtres ne peuvent plus s’occuper pour une raison ou une autre, euthanasie uniquement en dernier recours (pas d’euthanasies de masse), contre le dégriffage (et proposant des alternatives, ce qui est très responsable de leur part) et surtout, stérilisation systématique de tous les chats qui passent au refuge. Le tout n’est pas très grand, mais ils ont des beaux locaux propres comprenant une grande partie « adoption – chats adultes » et « adoption – chatons » en deux pièces liées, une partie « quarantaine » (pour les chats qui viennent d’arriver et qui n’ont pas encore été vus par le vétérinaire) et une partie « contagion » de deux pièces et un long couloir pour les chats malades et/ou les femelles enceintes qui ont besoin de calme. Autant que possible, les chats se promènent en liberté supervisée dans leur section respective et quelques chats « mascottes » vivent dans les aires réservées normalement aux humains (la réception, la cuisine à l’arrière, les toilettes, etc.).

En juillet donc, on m’a demandé d’accueillir un petit chat très particulier du nom de Ziggy. Le poil long et blanc, les yeux vairons (un bleu, l’autre vert doré), une queue incroyablement longue et un caractère taquin et joueur, il avait conquis le coeur de tous les bénévoles du refuge — plusieurs d’entre eux voulaient même l’adopter, mais un bilan de santé ayant décelé une quantité importante d’enzymes hépatiques dans son sang, la vétérinaire du refuge hésitait entre la PIF (péritonite infectieuse féline) ou un cancer du foie. Je devais donc à l’origine lui servir de maison palliative, où je m’occuperais de lui jusqu’à son décès ou du moins jusqu’à ce que les signes de maladie soient trop avancés pour qu’il ait une qualité de vie intéressante, à quel point il serait euthanasié.

On lui donnait un maximum de deux mois à vivre… chez moi, il en a vécu six.

Quand il est arrivé chez moi, il ressemblait à ça :

IMG_3075Et quand il m’a quitté, à ça :

IMG_3681Est-il utile de préciser qu’à partir du moment où il a eu accès à un environnement stable et sécuritaire ainsi qu’à de la nourriture abondante, son état de santé a fait un virage à 180° et qu’il s’est remis comme un charme ? =)

Il a été adopté le 29 janvier, deux heures et demi après avoir été ramené au refuge — comme on peut voir sur la page Facebook annonçant sa disponibilité à l’adoption, il a déchaîné les passions de tous ceux qui l’ont vu.

Évidemment, le voir partir a été difficile et je me suis senti comme un parent dont l’enfant quitte le nid (excepté que, dans son cas, mon enfant n’est pas très fan des nouvelles technologies et donc aucune chance d’avoir de ses nouvelles via téléphone ou email… XD) — je savais qu’il partait vers une famille qui l’aimerait et le choyerait (ACSA sélectionne les familles d’adoption avec beaucoup de soin), mais… est-ce que cette nouvelle famille saurait combler ses besoins ? Répondre à ses caprices de la façon qui lui convient ? Est-ce qu’ils continuerait à lui donner de la nourriture humide en plus de ses croquettes, est-ce qu’ils sauraient que Ziggy aime jouer à « rapporte » avec des petits jouets légers qui rebondissent partout, ou encore qu’il aime lécher la cuillère de son pâte avant qu’on lui serve son repas ? Qu’il déprime s’il ne se dépense pas (en jouant, en « chassant » ses jouets, en courant partout) au moins deux heures par jour, de préférence en notre compagnie ? Toutes les questions d’un parent quoi… ^^

Cependant, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer très longtemps, car une semaine plus tard c’est Alaska qui venait vivre en pension chez moi.

IMG_3790Tous deux sont des mâles, tous deux ont été trouvés errants (Ziggy avec des blessures graves, mais tous deux amaigris et en grand besoin de soins élémentaires — nourriture, sécurité, affection), mais là s’arrêtent les ressemblances.

Alaska et Ziggy, c’est le jour et la nuit.

Là où Ziggy était affectueux mais indépendant, Alaska me suit partout dans la maison et dort collé contre moi depuis la première nuit.

Là où Ziggy était une vraie petite tornade, toujours à courir et à jouer, Alaska est beaucoup plus calme et préfère s’installer dans la pièce où je suis, à regarder par la fenêtre ou à dormir.

Là où Ziggy était d’une tranquillité exemplaire quand il ne jouait pas, Alaska est très très vocal — depuis son arrivée, j’ai une sirène de pompier qui se déclenche aux deux-trois heures, jour comme nuit.

C’est cette sirène qui pose problème — c’est la raison pour laquelle il se trouve chez moi et pas au refuge, en attente d’être adopté. Au refuge, il stressait les autres chats à hurler comme ça, ce qui les poussait à l’attaquer pour qu’il cesse — créant un cercle vicieux d’angoisse et de ressentiment. Pas le meilleur jour à montrer aux candidats d’adoption, ni pour Alaska, ni pour les autres chats qui sont un peu victimes de cette situation…

Mon défi auto-imposé, c’est de calmer cette angoisse qui le tenaille et le pousse à vocalier à toutes les sauces : pour manger (j’ai faim ! j’ai tout le temps faim !), quand il va à la litière (bon, j’y vais et après tu ramasses, hein ?), quand il veut jouer (non, les petites balles elles n’ont aucun intérêt si tu les lances pas d’abord ! et puis moi je veux le bâton plein de fils, c’est plus marrant !), quand il veut dormir (pousse-toi, je veux de la place ! mais prête-moi une jambe, je veux mon oreiller), quand il se réveille parce que j’ai décidé de changer de pièce (où tu vas ? m’abandonne pas !!), quand il se réveille et que je ne suis pas dans la pièce (chuis tout seuuuuuuul ! t’es oùùùùù ??)… et ainsi de suite.

D’abord attaquer la sirène nocturne et lui apprendre à cesser ses vocalises dans la période « sommeil » (entre 23h et 7h).

Ensuite le convaincre de moduler sa voix dans la journée — répondre quand il roucoule ou miaule moins fort, pas quand il hurle comme un loup, et lui apprendre à demander autrement.

Finalement, au travers de tout ça, tenter de calmer cette anxiété dont je ne connais pas l’origine mais qui m’apparaît omniprésente par le fait qu’il ne me lâche pas d’une semelle alors qu’il vient juste d’arriver (anxiété de séparation ?) et qu’il engouffre sa nourriture au point de vomir — puis de recommencer à engouffrer (combien de repas a-t-il manqué quand il vivait dans la rue ?).

J’ai déjà glané quelques excellents trucs sur le net, via Éduchateur et surtout Way of Cats (lien anglophone avec possibilité apparente de traduction sur cette page) — c’est une chance, parce que les premières 48 heures ont été particulièrement difficiles et m’ont poussé à l’extrême limite de ma tolérance. Depuis que j’ai appelé au refuge pour demander de l’aide, il est sur trois calmants naturels différents pour tenter de calmer son anxiété et faciliter la « thérapie comportementale » que je lui propose — deux types de nourriture (croquettes et pâté) et un calmant aux herbes (type phytothérapie) — mais évidemment c’est une béquille, pas une solution, et de la même façon que j’espère me débarrasser de mes antidépresseurs un jour, je veux pouvoir redonner à ce chat une vie normale, non-médicamentée et non-anxiogène à la fois.

Il a déjà fait quelques progrès cela dit — il a cessé d’avoir peur de ses jouets, donc il y a enfin moyen de lui faire dépenser de l’énergie pour qu’il dorme mieux et surtout plus longtemps la nuit. Il commence à comprendre que je ne répond pas à ses demandes la nuit — il miaule toujours, mais moins longtemps déjà et surtout le volume a diminué un peu. Dans la journée, comme j’attends qu’il cesse de hurler pour le nourrir ou lui prêter de l’attention, il se calme aussi plus vite quand il voit que je l’ai quand même entendu. Et évidemment il est pratiquement toujours à mes côtés, mais (nouveauté de la journée) il accepte maintenant d’aller explorer l’appartement et de faire des siestes dans la pièce à côté.

Il y a de l’espoir. =)

Pour plus d’informations :
La fiche d’adoption de Ziggy
La fiche d’adoption d’Alaska
Album photo et vidéo
Pattes Libres, une revue en ligne dans laquelle apparaîtra si j’ai bien compris un article sur Ziggy bientôt.

En prévision de NaNoWriMo…

Quelques questions pour un potentiel lectorat.

  1. Préférez-vous les histoires qui finissent bien ou qui finissent mal ?
  2. Dans le cas d’une histoire qui finit bien, préférez-vous une victoire complète du protagoniste ou une victoire en demi-teintes, où la fin laisse figurativement un goût de cendres en bouche ?
  3. Dans le cas d’une histoire qui finit mal, à quel point peut-elle descendre dans l’horreur avant que vous n’en puissiez plus ? Vous semble-t-il nécessaire de laisser une lueur d’espoir pour le protagoniste ?

Répondez, discutez… ^^ Si d’autres choses vous viennent en tête, n’hésitez pas à en parler !

(Yep, toujours en vie.)

Déculottage, partie 1

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On la connait bien celle-là… ! Oui mais que faire quand sa théière chouchoute se met à donner une saveur étrange, désagréable, d’infusion de légumes verts ou de salade confite à tous les thés que l’on boit ?

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Peut-être est-ce la faute du thé ? Mais non… après un test via sa copine zhuni, c’est celle de la théière, hélas… Il ne reste plus qu’une chose à faire.

déculottage

Bicarbonate de soude + vinaigre + eau bouillante, on laisse tremper 24 heures en frottant de temps en temps à la brosse à dent ! Ensuite re-bain d’eau chaude, peut-être suivi d’un troisième bain de feuilles… peut-être pas. On verra !

La suite bientôt…

Bonnes nouvelles (en vrac) !

Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu une série de bonnes nouvelles à la suite les unes après les autres — habituellement c’est plutôt le contraire, chaque bonne nouvelle est suivie de trois ou quatre mauvaises…

D’abord la plus importante : je vais ENFIN déménager ! Ça ne fait que depuis mi-2011 que j’en parle… et chaque année je repoussais le moment pour différentes raisons, la plupart mauvaises. Mais cette fois ça y est, je quitte mon taudis ma chambre d’étudiant pour déménager dans un 3 1/2 (pour les Français : 3 pièces, une salle de bain) étonnamment grand pour le prix qu’on m’en demande. Évidemment, c’est un vieux logement dans un quartier euh… disons moyennement recommandable en Basse-Ville (qui était autrefois le quartier ouvrier « pauvre » de Québec et n’est pas beaucoup plus riche aujourd’hui même si un tantinet « assaini » — je hais ces termes, pas vous ?), ceci expliquant cela.

Cependant c’est grand, c’est lumineux (fenêtres au nord et au sud) et c’est franchement charmant — la porte d’entrée est située au fond d’une cour intérieure à laquelle on accède en passant sous une arche à l’ancienne et on doit grimper un escalier casse-cou pour parvenir à mon appart au deuxième (déménager risque d’être rock’n’roll, mais on verra ça en juillet). Les chats sont « tolérés » dans le bail, ce qui signifie que tout animal tranquille (hamster, rat, furet, lapin, etc.) sera également accepté à condition que les voisins ne se plaignent pas. J’ai un énorme balcon arrière, ils ont ajouté dans mon bail qu’ils comptent refaire les planchers de la cuisine et de la salle de bain, le locataire actuel a parlé de me vendre ses électroménagers à pas cher…

Bref je suis vraiment contente ! Grosso modo, avec un bémol sur les proportions (je n’ai vu l’appart qu’une fois pendant 15 minutes), ça ressemble à ça :

appart2Avec quelques images de meubles pour que ce soit plus facile d’évaluer l’espace que j’aurai (et aussi parce que jusqu’ici, c’est quasiment les seuls dont je sais qu’ils seront placés comme ça XD sauf peut-être le lit, mais le reste est encastré/indéplaçable). ^^

Z’avez envie de m’aider à trouver où placer un spot thé ? :)

Deuxième excellente nouvelle : j’ai gagné la première place du concours design d’emballage de galettes de thé organisé annuellement par Yunnan Sourcing !!! Mon dessin se retrouvera sur les galettes des sheng de printemps et j’ai également reçu un bon de 250$ sur les produits vendus par la compagnie.

Attendez-moi un instant, le temps que je remboîte la mâchoire et que je récupère les yeux qui ont roulé sous la table.

Sérieusement, je savais que j’avais une bonne chance de remporter un truc (Scott m’avait dit que je me plaçais dans les 4 premiers il y a quelques semaines), mais woah je visais la quatrième place moi ! Quelle belle surprise. ^^

Troisièmement, j’ai depuis peu une nouvelle pensionnaire. :)

zhuni&zisha

Elle est en bonne compagnie, non ? :)

Et finalement… L’une des conditions à remplir afin que mon suivi psy se poursuive, c’est d’offrir un minimum de 12 heures d’activité productive — élever un enfant, faire du bénévolat, travailler, etc. Travailler est pour moi impossible dans l’immédiat, je devais donc me rabattre sur le bénévolat. Le problème ? La même chose qui m’empêche de travailler : une phobie sociale paralysante. Après avoir cherché pendant six mois ce que j’allais bien pouvoir faire et m’être quasiment résignée à devoir mettre en pause mon suivi jusqu’à ce que je trouve quelque chose, j’ai enfin découvert la solution idéale — faire du bénévolat dans un refuge pour animaux. J’ai même trouvé celui dans lequel j’aimerais travailler.

Les animaux ont l’avantage de ne pas me mettre une pression insoutenable, c’est donc un excellent entre-deux pour me permettre de me réhabituer à un contact social « IRL » (dont je suis quasiment complètement privée depuis quatre ans). Nettoyer des cages, nourrir des bêtes, promener des chiens, ça ne demande pas d’être en contact avec le public comme si j’allais aider dans un centre pour femmes par exemple (qui peut être très intéressant, mais qui est au-delà de mes forces actuelles) tout en étant demandant sur beaucoup de points que j’ai besoin de travailler pendant mon suivi (stabilité émotionnelle/affective/relationnelle, sens des responsabilités, auto-encadrement, etc.).

Comme je n’aurai probablement pas assez de sous pour me permettre d’avoir un animal à moi, je pense également m’offrir comme famille d’accueil pour les animaux qui ont besoin de récupérer après une opération, qui ont besoin d’être sociabilisés et ceux pour lesquels il n’y a simplement pas assez de cages au refuge. J’ai le temps, j’aurai l’espace et comme les animaux en familles d’accueil sont toujours mis à l’adoption, ça me forcera à ne pas (trop) me laisser aller quand je suis seule à la maison. Après tout, je pourrais recevoir la visite d’une personne intéressée à adopter l’animal que j’ai chez moi n’importe quand…

Bref, plein de bonnes nouvelles, certaines prenant le pas sur d’autres car concernant mon mode de vie et pas uniquement mes loisirs, mais elles sont toutes excellentes et honnêtement, ça me fait un bien fou après les derniers mois très durs — j’ai l’impression de me remettre à respirer après avoir passé trop de temps sous l’eau.

Maintenant, reste plus qu’à faire le ménage en attendant impatiemment juillet… ^^

Late Night Tea

J’ai un problème avec le puerh shu.

Ou peut-être que je devrais plutôt commencer de la manière plus traditionnelle :

Bonjour, je m’appelle Leaf et j’ai un problème avec le puerh shu.
– Bonjour Leaaaaf !

Jusqu’à il y a quelques mois, j’appréciais le shu. Pas mon type de thé préféré, mais je sais que je le buvais avec plaisir quand l’envie m’en prenait. J’ai passé un été complet à siroter du Shu Ya en GPS* chez l’amie Zaza en 2011, j’ai acheté de façon compulsive une DaYi Rouge à Olivier et 10 briques de Cha Tou (enfin 5, mais les gens qui devaient récupérer les 5 autres ne les ont jamais prises) à l’hiver 2011-2012. Il y a quelques mois encore, je dégustais avec plaisir, yeux fermés, un échantillon offert un peu à l’improviste par Lionel après la distribution d’échantillons en mémoire de Philippe.

Et puis brusquement je me suis mise à avoir la nausée à la pensée de boire du shu. L’odeur me soulève le coeur. Parfois je me dis c’est pas possible quoi, je vais bien finir par le ré-apprécier — et quand je me sens brave je vais même jusqu’à m’en préparer une infusion et à en boire une gorgée. Rien à faire — mon corps le rejette. À plusieurs reprises. Depuis au moins quatre mois.

Là pour le coup, je n’ai pas d’explication. J’ai tout testé — des thés que j’ai bu sans souci par le passé, des nouveaux achetés quand je me suis dit que c’était peut-être mon stockage qui était en cause, des vieux, des jeunes, en théières, en gaiwans, rincés une fois, deux fois, pendant quelques secondes, pendant une bonne minute… J’en ai refilé à droite et à gauche en demandant si c’était ma faute ou celle du thé — semble bien que c’est ma faute puisque mes échantillons de Cha Tou ont fait quelques heureux.

Ce soir encore j’ai tenté le coup, cette fois avec une acquisition récente — résultat j’ai l’œsophage serré comme si je venais de manger des ananas frais (auxquels je fais une intolérance alimentaire), l’impression d’avoir du sable dans le fond de la gorge et une vague nausée qui refuse de partir.

Joie.

Je commence à me demander si je ne ferais pas mieux de jeter l’éponge et de distribuer mes shu à qui veut bien les prendre. Y’a quelqu’un à qui quelque chose du genre est déjà arrivé ? Avec du thé ou autre chose, hein, je ne suis pas regardante…

(En attendant je vais aller siroter un petit sencha, ça me changera.)

* GPS = GrandPa Style bien sûr, infusion en continu dans un bol.

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