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Tea in Asylum 5

[Partie 1]
[Partie 2]
[Partie 3]
[Partie 4]

Mardi, 16 novembre 2010

Il y a douze jours exactement que je me suis présenté à l’hôpital pour y être interné.

Au début, les murs solides se sont montrés sécuritaires et les intervenants, rassurants — mais après une semaine sans avoir ni la possibilité de m’isoler, ni la possibilité de m’enfuir, la tension en moi escalade au point de rupture. Un rejet maternel assené avec cruauté par un tiers, une dispute avec la psychiatre en charge de mon dossier — la dissociation s’installe, mes bras se couvrent de sang et, extérieurement calme à la limite de l’apathie, à l’intérieur j’hurle à en perdre l’esprit.

Mais ça, c’était il y a trois jours.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis mon internement, j’ai reçu la permission de faire quelques pas à l’extérieur. Pas longtemps évidemment — une demi-heure à la fois maximum. Et autant j’en ai envie car je ne supporte plus de me retrouver entre quatre murs, autant je repousse le moment de mettre les pieds dehors car à force d’être enfermé, mon agoraphobie en est décuplée.

C’est V. qui finit par m’y forcer, avec son sourire désarmant et ses manières de créature féerique, éphémère.

– De toute façon, y va falloir que tu le fasses à un moment donné. Allez, viens.

Une inspiration profonde, puis j’acquiesce. Puis me ravise.

– Attends. Je veux un thé.

– Ok… va le chercher, je vais mettre mes bottes !

Elle part en sautillant, pleine d’enthousiasme, et moi je reste quelques instants à la regarder s’éloigner. Évidemment, ce n’est pas ce que j’avais en tête — et elle le sait très bien.

Avec un soupir, je vais fouiller dans mes maigres réserves de puerh. C’est de force dont j’ai besoin en ce moment — quelque chose qui me prendra la bouche au point d’en oublier ma terreur du ciel noir au-dessus de ma tête. Quelque chose qui m’ancrera au présent, qui chassera l’impression d’être un rat pris au piège dans un laboratoire — même pour quelques instants.

Dans mes réserves, il y a trois sacs : « Chung Cha » de 1996, « Vieux Théiers » de 1999 et le tout premier puerh que j’ai goûté, Mengsong 2009. C’est ce dernier que je choisis — son nom seul m’évoque encore l’amertume terrible qui a pris d’assaut mes papilles la première fois que j’y ai goûté en août, trois mois plus tôt. L’amertume, oui — mais aussi ces retours en bouche si nombreux et variés que j’en ai gardé des traces minérales sur la langue pendant deux heures et ce, malgré la dégustation subséquente d’un wulong parfumé dont le nom m’échappe. Ou était-ce un sencha ?

Quelle importance, puisque ce n’est pas celui qui a laissé l’impression la plus vivace de cette dégustation ?

Je remplis mon sachet, vais chercher de l’eau — le temps de me décider, la nuit est tombée et V. s’impatiente.

– Viens, faut que je te montre quelque chose !

J’ai la gorge nouée d’anxiété, mais j’acquiesce et la suit.

Je n’ai pas réellement d’autre choix de toute façon.

Le trajet qu’elle me fait emprunter est court — cinq minutes peut-être. Nous descendons un escalier, puis empruntons un couloir qui bifurque, puis nous arrivons devant une porte entourée de fenêtres vitrées.

– Regarde ce que j’ai trouvé ! dit V., un grand sourire aux lèvres et l’air triomphant.

C’est un jardin privé — je n’en vois pas grand-chose avec la nuit tombée, mais la neige tombée la semaine dernière m’aide à en délimiter l’espace. Il est entouré de murs, mais son ciel est découvert et surtout, il est désert.

– J’ai pensé à toi quand je l’ai vu, me dit V., loyauté et compassion inscrits sur son visage — et en la remerciant, j’ai toute les peines du monde à empêcher l’eau de me monter aux yeux.

– Vas-y en premier, je vais rester ici quelques minutes. Je te promets de te suivre dehors, j’ai juste… besoin d’un moment.

– T’es sûr ?

Je hoche la tête, la regarde ouvrir la porte et se glisser à l’extérieur. De l’autre côté de la fenêtre, je la vois courir et faire des cabrioles dans la neige, crier et rire, enivrée de liberté. J’essuie mes yeux, puis dépose mon verre sur le rebord de la fenêtre pour retirer le sachet de Mengsong qui y trempe depuis bientôt dix minutes. Je connais ce thé. Je sais qu’il sera imbuvable.

Je prend quand même une gorgée.

Un grognement d’agonie m’échappe et je sens tous mes muscles faciaux se crisper. C’est horrible, d’une violence inouïe — et en riant, j’en prend une deuxième.

Pendant quelques secondes, mon corps n’est réduit qu’à une gorge, une langue qui se tord de douleur sous l’assaut de l’amertume avant d’être baignée d’un miel si sucré qu’il m’en étouffe. Je tousse, repose le verre sur le bord de la fenêtre — et V. revient vers moi.

– Alors ? T’en viens-tu ?

– Oui… j’arrive, dis-je d’une voix enrouée avant de m’éclaircir la gorge.

– Est-ce que tu veux que je te tienne la main ?

– Non merci, je préfère y aller moi-même.

Parce que je suis indépendant, habitué de ne compter que sur moi-même. Parce qu’il y a quelque chose d’insultant, quelque chose de terrifiant à sentir que j’ai besoin d’aide, à accepter cette aide. Parce que je suis venu au monde seul, que j’ai fais mes premiers pas seul et que, quoi qu’il arrive, je mourrai probablement seul.

J’inspire, j’expire, j’avance d’un pas, puis de deux — et soudain je suis à l’extérieur, sous un ciel noir étoilé. V. se tient à quelques mètres de moi et, avec un sourire encourageant, m’enjoint à continuer. La neige craque sous mes pas et je tente de me concentrer sur mes sens — sur les sons, la sensation du vent sur mon visage, la douceur sucrée du thé qui caresse encore ma langue.

Tête rejetée en arrière, je marche yeux fixés sur le ciel, histoire d’affronter ce qui m’angoisse en me tenant debout, droit et fier — en apparence.

Lorsque j’arrive près de V., sans quitter le ciel du regard, ma main se glisse dans la sienne et serre. Fort.

De la permanence des couleurs

J’ai parlé plusieurs fois de synesthésie et de la façon dont je vis cet aspect un peu étrange de mon cerveau. Pour ceux qui l’auraient oublié, un rapide petit rappel.

D’abord un lien vers l’article wikipédia sur la synesthésie, au cas où il y aurait encore des gens qui ne savent pas de quoi je parle… ^^

Bon, alors. Comme je disais récemment sur le Forum des Amateurs de Thé, mon truc à moi c’est les couleurs. Mon cerveau les ajoute partout : sur les lettres, sur les chiffres, sur certains mots (« sol » est jaune doré par exemple, alors que les lettres individuelles sont argentées, noires et blanches), sur certain symboles (les runes viking par exemple ou encore les clefs des portées musicales) et surtout sur les émotions. Ce qui signifie que tout ce qui provoque chez moi une réaction émotive a son panel de couleurs associé. C’est d’ailleurs ce qui se trouve derrière le concept de mon blog de comptes-rendus de dégustation.

synaesthesiabattery

(Synaesthesia Battery, un test pour déceler la synesthésie. À gauche, mes résultats graphème=>couleur de 2009. À droite, ceux de 2010. Le test évidemment avait été fait sans référence et sans regarder les « réponses » de l’année précédente. On peut voir que quelques choses ont changé, mais dans l’ensemble ça reste assez proche.)

Alors qu’autrefois je décrivais volontiers les couleurs parfois changeantes que je voyais sur les gens de mon entourage, cet exercice me met maintenant mal à l’aise — après tout, ces couleurs ne sont pas une vision objective du caractère de la personne, elles sont plutôt un reflet extrêmement personnel (et souvent inexplicable) de la façon dont je les perçois. Il m’arrive encore de le faire, mais en privé uniquement et c’est très rare.

Cependant, décrire et tenter de mettre en image les couleurs que je vois sur les thés que je bois est un exercice intéressant — et hautement utile puisqu’il me permet de me créer une « banque de données » de couleurs dont j’ai bien besoin pour m’y retrouver un peu. Parce qu’à la différence des lettres et chiffres où les teintes sont relativement statiques et stables, les couleurs liées aux émotions sont complexes, multiples et faites de formes dynamiques. Par exemple, là où « le stress » sera majoritairement fait de vert clair désaturé et de blanc, « l’angoisse » sera fait d’une majorité de turquoise et de rouge vif avec des éclats d’autres teintes, « la peur » sera surtout bleu sombre et mauve-rouge sur fond noir, et finalement « la terreur » sera vert forêt avec des éclats de bleu royal et de jaune vif.

Je n’ai donc pas (encore ?) de « lexique » pour ma synesthésie émotion=>couleurs et honnêtement, je doute être en mesure d’en créer un qui soit fiable. En revanche je peux déceler des tendances — et ça m’amuse énormément de le faire avec mes « images de thé ».

J’avais déjà mentionné dans un article il y a quelques années que les saveurs de l’Oriental Beauty (ou Bai Hao, comme j’aime à l’appeler) évoquent presque systématiquement chez moi des spirales bleu royal et jaunes sur un fond rouge vin.
L’Oriental Beauty « Parfait » de Teamasters en est un exemple, eh bien, parfait
– Je retrouve les mêmes teintes dans un Bai Yun chinois de chez Norbu Tea, en revanche la forme est organisée différemment
– De l’autre côté, le Bai Hao 58 de Camellia Sinensis n’a rien à voir ! Si l’on retrouve bien la forme spiralée, les couleurs sont complètement différentes.

De façon encore plus fascinante, je réalise que les Guei Fei ou « Concubine Oolong » qui sont faits avec les mêmes feuilles que le Bai Hao mais traitées à la manière d’un Dong Ding ont des similarités — on retrouve généralement le rouge vin et le jaune, cependant le bleu se transforme en vert.
– Ici le Guei Fei « Sauvage » de Teamasters, qui a même des similarités dans sa forme avec l’OB « Parfait » mentionné plus haut (j’vais devoir faire des comparaisons des thés du même vendeur maintenant tiens)
– Et là un Guei Fei de Camellia Sinensis, dont la forme n’a rien à voir mais dont les couleurs finalement sont les mêmes : rouge, jaune et vert.

Autre constat relativement récent : les thés violets ont une tendance chez moi à être, eh bien, violets. xD
Non, sérieusement — j’en ai goûté plusieurs depuis ma première galette de puerh en 2010 et tous, à l’exception d’un seul, semblent faits de minces lignes jaune-doré qui se mouvent sur un fond violet tirant plus ou moins sur le rouge ou le bleu selon le thé.
– Ici ma première galette violette, la Hei Zi Juan de 2010.
– Un vrac de bourgeons de 2007.
– Une galette de Ximeng datée de 2005.
– Un maocha de Wang Bing de 2012.
– Mon seul ovni, une Banna Zi Ya Cha de 2009 — on retrouve bien le violet, mais pas de jaune doré cette fois.
– Et finalement, le plus particulier et la raison qui m’a poussé à écrire cet article, un Hong Cha de 2012 fait de feuilles violettes provenant d’un cultivar « ye sheng ».

C’est d’ailleurs assez marrant de constater que je retrouve dans ces teintes autant le rouge sombre des Hong Cha et le violet-doré dont je parlais plus haut. Ne reste qu’à identifier s’il y a une composante spécifique liée au cultivar « ye sheng », mais à regarder dans mes notes il semblerait que non…

Ah si tiens. Apparemment il y a presque toujours des « éclats » blancs qui ressemblent à des petites boules brillantes, comme des étoiles — elles ne sont pas présentes dans le Hong Cha mentionné plus haut, mais en revanche…
– La galette 2006 Da Xue Shan de Mengku, ici en version 1, et là en version 2 quand je l’ai regoûtée quelques années plus tard.
– La Ye Sheng Cha 2010 de LanTingChun pareil, les mêmes petits éclats blancs…
– Et un ovni, parce qu’il en faut toujours un : un échantillon de « Lincang Cru Sauvage » de 2006, provenance Teamasters. Il n’a pas de petites étoiles blanches, en revanche il a des grosses bulles lumineuses et colorées. Cela dit, je ne sais pas exactement ce que signifie « sauvage » chez Stéphane. Est-ce lié au cultivar ye sheng ou à autre chose ?

Mais sinon puisqu’on parle de puerh — les couleurs et les formes de façon générale sont assez variées, cependant il semblerait que la plupart de mes sheng de 2006 et 2007 ont des teintes de vert vif et d’orangé. Pas tous, et j’en ai tellement que je ne vais pas tous les lier sinon on n’en finira jamais, mais presque tous. (J’vous laisse cliquer vous-même dans la liste si vous êtes curieux.)
Cela dit, la partie vraiment intéressante, c’est…
– Les couleurs de la Mang Fei 2006 de Yong De Zi Yu
– Et celles de la Yo Ji Cha de 2007 de LanTingChun

Je me souviens en plus quand j’avais créé le montage de la Yo Ji Cha — je faisais tellement de comptes-rendus à l’époque que je les oubliais à mesure, et du coup c’est en le postant que je me suis rappelé que j’avais déjà utilisé cette image pour un autre thé (ce qui n’est pas si étrange, après tout j’ai une quantité limitée d’images à recycler, mais j’essaie normalement de diversifier les teintes et les assemblages). Bref du coup j’ai refouillé mes archives, et là… bam ! Un puerh de quasiment la même année, quasiment la même montagne, et surtout un puerh pour lequel je venais d’écrire

Je retrouve un peu [dans la Yo Ji Cha] les saveurs de la galette Mang Fei de Yong De, si ma mémoire est bonne, plutôt que de la Ming Feng — mais comme les montagnes sont au centre du même terroir, je suppose que les ressemblances sont normales.

Il y a d’autres détails du même genre — dans mes sencha et autres verts japonais par exemple j’ai toujours l’impression de retrouver beaucoup de vert (toujours la même teinte de vert vif), alors que dans les lu cha de Chine ou de Corée, ça varie autant que dans les wulongs ou les puerh.

Il semblerait aussi que malgré moi, mes shu peu importe l’âge soient faits de filets de bleu sur fond rouge ou orangé. Du froid sur du chaud en somme. Je retrouve la même tendance dans les Liu Bao. Je n’ai pas encore assez de références sur du vieux sheng pour dire si c’est pareil, mais c’est le cas pour au moins une référence.

Bref je m’arrête là pour l’instant, mais il faudra à l’occasion que je fasse des recherches plus poussées pour établir des tendances — particulièrement pour les wulongs qui pour l’instant semblent plutôt disparates…

En espérant que personne ne s’est endormi sur mes ramblings, et si vous avez eu le courage de lire jusqu’au bout, je vous en remercie ! ^^

ombreetlumiere3

Je me découvre ces jours-ci des envies de lumière. Mes fenêtres, qui sont généralement couvertes par des rideaux ou des lattes de stores, sont depuis deux jours découvertes pour laisser passer la luminosité.

De même, les thés que je choisis pour m’accompagner dans ma journée sont lumineux — thé blanc, wulong frais, puerh très jeune, tous soigneusement sélectionnés pour m’éclaircir l’esprit et rafraîchir mon corps.

Parvenir à mettre mon blog de dégustation à jour me rend léger — c’est la première fois depuis 2012 que je n’ai pas une pile d’articles à terminer. Au moment où j’écris ces mots, il m’en reste deux à poster : les dégustations d’hier et d’aujourd’hui. Ça me fait plaisir de renouer avec cet univers particulier — ça faisait trop longtemps.

Identité : erreur 418

La question de l’identité et du trouble identitaire, par le plus grand des hasards (*keuf*), est un point qui a été très discuté autour de moi dans les dernières semaines. Peut-être que c’est le printemps qui s’en vient — dans tous les cas, il semble que c’est un sujet intéressant à discuter en thérapie, en famille, entre amis, entres inconnus croisés dans la rue et même sur des forums de thé qui n’ont finalement rien à voir avec l’identité (à moins de répondre au code sus-mentionné en titre de cet article ^^).

Bon, je plaisante un peu, mais en fait pas tant que ça. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dû demander et répéter que l’on cesse de m’appeler « madame » ou « fille » — ça m’agresse. Ça ne me correspond pas, je ne m’y reconnais pas et plus important encore, je trouve à ces termes une violence que les gens autour de moi semblent avoir beaucoup de mal à comprendre. Et pourtant c’est simple : ça me fait exactement le même effet qu’un adolescent de 15 ans qu’on appellerait « p’tit gars ».

Je cesse également de compter le nombre de fois où tenter d’expliquer ce qu’est l’asexualité et ce que ça représente pour moi, pourquoi je m’y identifie, pourquoi ce n’est pas un manque d’hormones/faible libido/pas trouvé la bonne personne/traumatisme dans l’enfance/absence de bonne expérience/etc. etc. etc. qui fait que je m’identifie Ace. Mais sur ce point, j’admets, je me lasse beaucoup plus vite — après tout, ma sexualité (ou l’absence de celle-ci) ne regarde que moi. Je veux bien expliquer le concept en trois lignes, mais si la personne à qui je m’adresse persiste dans ses idées reçues, ben… je ne suis pas là pour jouer au troll bingo, j’ai déjà donné, merci-bonsoir.

bingoleaf(Bingo !)

La première fois que j’ai parlé tentativement mais ouvertement de mon genre et de mon orientation, c’était en 2011 sur mon blog. Pas celui-ci, un autre privé que je tenais encore à l’époque — une sorte de « test », avant de me jeter à l’eau dans la vie réelle. C’est là que j’ai commencé à remplir ma carte bingo personnelle…

Mais je ne faisais pas ce pas d’en parler ouvertement à la légère — à ce moment-là, ça faisait déjà deux ans que j’étais en questionnement sérieux (depuis que j’avais découvert les termes), mais je me posais des questions depuis le début de l’adolescence… et puis il y avait d’autres signes. Ma haine de tout ce qui me reliait au genre féminin — excroissances corporelles et autres signes de féminité, vêtements genrés, cette pression sociale à porter du maquillage, tout. Ma facilité à me glisser dans des rôles masculins et surtout agenres (l’arbre… la mort… le chat…) en cours de théâtre et en jeu de rôle, alors que toutes les autres élèves de mon école de filles se battaient pour avoir les rôles féminins. Mon incompréhension totale de l’intérêt croissant de mes collègues de classe pour toutes les choses liées de près ou de loin au sexe. Mon incapacité à m’imaginer dépasser le stade du baiser (et parfois même ça n’allait pas jusque là) avec les gens de qui j’étais amoureux — y compris lorsque ce stade était dépassé. D’autres choses plus intimes.

J’ai fait mon premier coming-out asexuel à ma mère en 2013. Ça s’est mal passé… j’ai dû remplir la moitié de ma carte de bingo juste pendant cette conversation-là. Faut dire que mon frère qui faisait des études en sexologie lui avait brièvement parlé du phénomène de désintérêt pour le sexe au Japon et que du coup elle était restée sur l’impression que l’asexualité était une maladie… La question du genre qui a fait une apparition minime a suscité un tel rejet à ce moment-là que j’ai décidé de laisser tomber.

Je suis revenu à la charge un mois plus tard, puis à quelques reprises pendant l’année, et maintenant ça se passe bien. Ou aussi bien que ça puisse se passer. C’est difficile de changer la façon dont on perçoit une personne proche alors qu’on pensait la connaître déjà depuis 30 ans, mais elle fait des efforts et je l’apprécie.

Bref, tout ça pour dire — la phase de questionnement est terminée pour moi. Je sais qui je suis, je sais où j’en suis, ce que je veux et ce qui ne m’intéresse pas.

Je ne suis pas une fille. Je suis Genderqueer. Genderfluid. Majoritairement Agenre. J’emploie surtout le masculin pour me désigner (mais pas toujours), mon pronom personnel de prédilection est « iel » et je préfère qu’on évite de me donner du « madame ». Je n’ai pas encore trouvé d’alternative qui me plaise — je joue avec l’idée de récupérer le « mistam » anglais, mais c’est encore en réflexion.

Je suis asexuel. Ça signifie que je n’éprouve pas d’attirance sexuelle. La connotation du mot « sexy », je l’ai jamais comprise, et certaines personnes qui me suivent depuis longtemps comprendront peut-être enfin pourquoi mes textes érotiques n’ont jamais fonctionné sur elles. C’est ok, de toute façon j’ai arrêté d’essayer d’en écrire — l’intérêt était là essentiellement pour relever un défi de toute façon. ^^ Le reste, ce que je fais ou ne fais pas derrière les portes closes, ça ne concerne que moi.

Voilà, la boucle est bouclée.

Nous reviendrons bientôt au programme habituel : chats et thé. ^^

Work in Progress

Comme mentionné dans mon dernier post, je participe à NaNoWriMo cette année encore !

Target : 100 000 mots à la fin du mois, en plus de terminer mon projet de tricot, qu’on peut trouver ici.

Folie des grandeurs ? De kessé ? ^^

(Je rampe déjà au sol de fatigue et c’est seulement le troisième jour… oops. XD)

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